Loading...
fr

Articles de Fabien

Véronique Kohn, psychologue, psychothérapeute, conférencière et formatrice, spécialiste de la relation amoureuse et polyamoureuse, était notre invitée pour ce groupe de parole sur le thème du "mono-poly", ce terme familier qui désigne, de manière familière, une relation entre une personne qui s’identifie comme polyamoureuse et une personne qui s’identifie comme monoamoureuse (monogame).


VK a commencé par introduire ce sujet du "mono-poly" en parlant de ce terme qui évoque avant tout un jeu, en relevant que pour les nombreuses personnes qui la consultent à ce sujet, il n'apparaît jamais comme quelque chose de drôle...


VK a expliqué que, des cas de "mono-poly" qu'elle a rencontrés, la personne "mono" est très souvent une personne "poly-acceptante", c'est-à-dire une personne qui accepte plus la situation qu’une volonté personnelle de la vivre et de rechercher un épanouissement dans ce modèle. D'après l'expérience de VK, les cas de "mono-poly", où la personne "mono" s'y sent confortable, sont plutôt exceptionnels. Ces personnes "poly-acceptantes" le deviennent souvent par peur de perdre la relation qui était préalablement monogame.


Dans de telles situations, il arrive que des personnes réfléchissent voire décident de revenir dans un modèle monogame, de manière à rassurer la personne "mono". Toujours d'après VK, c'est une mauvaise idée, car la personne "poly" va se retrouver dans une posture qui n'est pas la sienne. Elle risque d’aller à l’encontre de sa volonté, de s’exposer à une situation où elle ne sera plus en accord avec ses valeurs et de ne plus se sentir authentique.


Cela ne veut pas dire que la personne "poly" ne peut pas ponctuellement faire de tels efforts pour l'autre, mais elle risque fortement de finir par se fatiguer de rassurer la personne "mono" si celle-ci n’atteint pas un état de réelle acceptation.

VK considère que les difficultés des personnes "poly-acceptantes" sont généralement dues à des blessures personnelles antérieures. A titre d’exemple, VK fait un parallèle entre les blessures de trahison et d’abandon.


Pour la personne "mono" qui souffrirait d’une blessure de trahison, une relation avec un.e partenaire "poly" va la pousser dans ses retranchements et réveiller cette blessure. Ainsi, le.la partenaire "poly" pourra notamment la rassurer en faisant preuve d’une grande transparence sur ses autres relations.


En revanche, pour la personne "mono" qui souffrirait d’une blessure d’abandon, le fait que le.la poly partage beaucoup de détails sur ses autres relations pourrait augmenter le sentiment d’insécurité pour une personne souffrant d’une blessure d’abandon.


Pour les mêmes raisons, selon VK, les personnes n’ayant pas ou peu de blessures antérieures (ou qui les auraient déjà appréhendées) pourraient potentiellement mieux vivre la situation de "poly-acceptant.e".


Concernant les possibilités de surmonter les situations critiques de "mono-poly", il n’y a pas de solution miracle. VK explique que lorsqu’une situation est enflammée, il est important de s’adapter à la personne insécurisée. Il faut ensuite attendre que la crise soit passée, que les personnes sortent de leur état émotionnel et, seulement à ce moment, d’en parler pour comprendre les ressentis.

Par ailleurs, lors de cette réunion, VK a relevé d’autres points comme l’impact d’une situation d’ENR (énergie de la nouvelle relation) qui intensifie le sentiment d’insécurité de la personne "poly-acceptante" ou encore le cas des personnes polyamoureuses qui ne souhaitent plus vivre de relation avec des personnes "poly-acceptantes". Ces réactions se produisent suite à des expériences "mono-poly" trop difficiles.


En conclusion, il apparaît que les relations "mono-polys" sont majoritairement difficiles car les personnes "poly-acceptantes" sont généralement des personnes "monos" qui subissent une situation imposée ou demandée par un.e partenaire "poly" et tentent d’y accéder par peur de perdre la relation et très rarement par un choix délibéré.


Ce groupe de parole était le premier sous forme payante afin de participer à défrayer notre intervenante. La contribution était souhaitée entre CHF 15.- et 30.- par personne. Nous étions 12 participant.e.s, la somme totale s’est montée à CHF 280.-. La totalité, après déduction des frais de devise Paypal (CHF 2.48), a été versée à Véronique Kohn à titre de défraiement.