Loading...

Articles de Lina

COMPTE RENDU GROUPE DE PAROLE DU 25/09/2019 : Entre jalousie et compersion.


11 personnes présentes dont 4 couples, deux d'entre eux en phase de découverte poly.

Plusieurs cas de nouvelles relation en mode mono-poly ont été évoqués avec la difficulté connue pour la personne mono d'être bousculée par le mode poly.

Ce point rejoint la notion de décalage ou de non synchronisation qui "stimule" la jalousie pour celle.celui qui n'a pas de relation pendant que l'autre en a.

Par rapport à ces situations, la question de savoir qu'est-ce que les personnes se partagent (ou ce que certaine.s préfèrent ne pas savoir) a été abordée. Il est apparu qu'il y a un rythme à trouver propre à chacun.e et que cela évolue dans le temps. Et, à l'inverse, des témoignages ont relevé que le fait de pouvoir partager plus (parler des autres relations, les faire se rencontrer, ...) a pu permettre de gagner en sécurité. Le fait de ne pas savoir, laisserait en effet libre court d'imaginer toutes choses, les pires évidemment...

A ce stade (où l'on ne souhaite rien savoir), on n'est loin de vivre le sentiment de compersion.

Les personnes présentes ont pu exprimer leur rapport à la jalousie. Il a été rapporté que selon les ouvrages de référence, il est vain de chercher à faire disparaître la jalousie, mais plutôt d'apprendre à la gérer.

Certaines personnes ont indiqué ne pas ressentir de jalousie. D'autres ont décrit comment elle.il.s la ressentent. Nous avons alors cité la pieuvre de la jalousie (image ci-dessus et article complet : https://hypatiafromspace.com/...ne-pieuvre-8-pattes/) qui permet de la comprendre et d'identifier ses déclencheurs. Un élément relevé, prédominant, sous-jacent à la jalousie, est le sentiment d'insécurité. Il a été évoqué l'importance de communiquer ses ressentis pour permettre à l'autre d'en tenir compte.

Les difficultés liées à la jalousie induisent la question de savoir s'il faut "s'adapter au rythme du (de la) plus lent.e" qui sera le thème d'un prochain groupe de parole. Cette notion est directement liée à celle du temps. Nous avons évoqué le temps comme élément clé pour sortir des phases difficiles liées à l'ouverture d'un couple. Le parallèle a été fait avec le processus de deuil.

Il a été intéressant d'avoir les témoignages de personnes ayant traversé les mêmes difficultés moins de douze mois auparavant et aujourd'hui en paix avec la situation. Il a aussi été relevé que les personnes ayant vécu l'ouverture de leur couple ont constaté un renforcement de leur lien en accédant au polyamour, là où elles s'attendaient plus à un risque d'éloignement.

Ces couples qui se sont ouverts se retrouvent implicitement dans un modèle dit "hiérarchique" ou de "relation primaire". Une personne a pu exprimer l'importance de la considération de ses métamours pour elle.

A plusieurs reprises et dès le tour de présentation, des personnes ont exprimé "que la.e partenaire puisse trouver ailleurs ce qu'un.e autre partenaire ne peut lui apporter".

Il a été relevé l'image négative de cette formulation et que le polyamour n'est pas essentiellement là pour combler des manques. A l'inverse, en voyant plutôt les choses comme "ma.mon partenaire vit des choses plaisantes ailleurs et, quelles qu'elles soient, cela me réjouit", la formulation est plus en accord avec la beauté de la liberté et correspond enfin à la définition de la compersion. Nous avons conclu sur ce point à 21h15 avant d'aller prendre un verre pour terminer par un moment léger et très convivial.

COMPTE RENDU GROUPE DE PAROLE DU 9/10/2019 : Ralentir pour se mettre au rythme du/de la plus lent.e ?



(très peu résumé de peur d'y mettre mon grain de sel plutôt que de rapporter le contenu... D'où la longueur.)

7 personnes sont présentes au groupe de parole (5 femmes, 2 hommes). Deux mènent le groupe (une femme, un homme) pour gérer le sujet et les temps de parole.



Thème: ralentir pour se mettre au rythme du/de la plus lent(e): si oui, dans quelle mesure ? Où trouver le juste milieu pour le respect de chacun(e) et aussi de la liberté de chacun(e) ? Typiquement, lorsqu’un(e) partenaire vit des choses qui insécurisent un(e) autre partenaire,



Résumé par sous-thèmes selon l’ordre suivant (qui n’est pas l’ordre de discussion sur le moment mais une tentative de clarifier les choses):

1. Situation de départ

2. Remarques des participant(e)s à propos de la situation de départ

3. Remarques du point de vue de la personne qui intègre une nouvelle relation à son polycule

4. Points clés à travailler pour cette personne

5. Remarques du point de vue de la personne désécurisé

6. Points clés à travailler pour cette personne

7. Par rapport au / à la nouvelle partenaire

8. Choses à faire en tant que couple



Comme les points contenant des remarques sont en général l’opinion d’une personne et pas nécessairement de tou(te)s les participant(e)s présent(e)s, il se peut qu’au sein d’un sous-groupe, certaines remarques se contredisent.





1. Situation de départ

A et B sont en couple polyamoureux. A rencontre un(e) nouveau/lle partenaire, C. B vit mal la situation, ressent C comme une menace pour son couple et exprime (verbalement ou dans son comportement) de l’insécurité.



2. Remarques à propos de la situation de départ

- Il s’agit de différences de rythme, au sein du couple parfois l'un prend les devant, et parfois aussi, plus tard cela s'inverse.

- Mention du livre “Compersion” qui développe ce sujet sur quelques pages et conclut que ralentir est positif car permet de solidifier les relations, à condition que le ralentissement ne soit pas extrême (ne soit pas un blocage complet). Au cours de la soirée, les participant(e)s exprimeront tou(te)s leur accord avec cette idée.





3. Remarques du point de vue de la personne qui intègre une nouvelle relation à son polycule

- Partenaire A dans l'exemple de départ

- Sentiment de faire faux, parfois même d'aller trop vite quelles que soient les mesures prises

- Impression / peur de ne pas avancer en attendant le plus lent

- Sentiment que c'est un mode de vie "instinctif" pour A mais que l'autre (B) a des doutes plus profonds (parfois même sur l'idée de l'ouverture)

- Comment respecter le consentement ? Si on fait le parallèle avec une relation sexuelle, on n'insisterait jamais en cas de doute exprimé par notre partenaire. Dans ce cas on se permet de revenir sur le sujet à de nombreuses reprises, d’essayer de convaincre l’autre, d’attendre en espérant que l’autre change d’avis, etc.

- Il est difficile de gérer un partenaire désécurisé qui exprime peu de choses ou des choses contradictoires de type “faites comme vous voulez” qui ne sont pas assumées par après

- Il est difficile de gérer un partenaire qui n’exprime pas de limites claires

- - Débat du groupe : certains expriment le besoin d’entendre des limites claires (au sens pratique), d’autres l’incapacité de les exprimer. On finit par conclure que le but n’est pas de fixer des limites claires au sens pratique, mais de comprendre l’insécurité de B et de trouver des moyens de le rassurer et d’avancer (potentiellement seulement après avoir ralenti).



4. Points clés à travailler pour A

- Prendre soin de B spécialement dans ce moment là

- Être attentif au fait que

- - La nouvelle relation a soulevé un problème personnel de B (une insécurité déjà présente)

- - la fréquence et l’intensité des activités entre A et C n’est pas le problème, mais peuvent intensifier le ressenti que B en a

- - la personne (C) peut intensifier le problème en cas de maigres affinités entre B et C

- - - B peut avoir besoin de se faire sa propre opinion sur C, ce qui peut demander un peu de temps voire de se rencontrer tous

- - - A peut expliquer à B ce qu’il/elle trouve chez B (but: rassurer B), et expliquer également ce qu’il/elle trouve chez C (but: démystifier C). B, en voyant C “à travers les yeux de A”, peut comprendre ce que A vit et cela peut l’aider. À l’inverse, cela peut crisper si B n’a pas envie / pas la ressource pour entendre parler de C au moment choisi - à éviter dans ce cas.

- - - si la relation A-C est poly-mono (A est polyamoureux(se) mais C est monogame), cela peut être ressenti comme particulièrement menaçant (B ne comprenant pas le point de vue de C)

- Se mettre mentalement à la place de B, le rassurer (beaucoup)

- Parler avec B de ce que B vit

- - Qu’est-ce qui t’insécurise là-dedans ?

- - Comment faire pour moins t’insécuriser ?

- - Faut-il te laisser du temps pour que le soufflé retombe, et si oui, combien ?





5. Remarques du point de vue de la personne désécurisée

- Partenaire B dans l'exemple de départ

- B aimerait être tolérant(e) à ce que son/sa partenaire vive sa nouvelle relation mais n'y arrive pas autant que souhaité

- B remarque les difficultés, mais il lui est impensable de ralentir: pas envie d’être “la personne qui bloque”

- Difficultés à exprimer ses limites:

- - culpabilité de restreindre l’autre

- - honte de ne pas être à la hauteur de la relation qu’on aimerait avoir

- - moyen de garder le contrôle ? On peut instaurer de l’autorité en maintenant l’autre dans le flou, en donnant des règles peu claires

- Une personne du groupe mentionne avoir mis dans une relation une limite temporelle concrète à l’autre (ex. “tu vois l’autre maximum deux fois par mois”)

- B peut penser que la synchronicité (avoir également une relation à ce moment) pourrait aider, mais doit cependant être conscient que c’est une situation rarissime et ne constitue donc pas une solution (d’autant qu’il faudrait arriver à synchroniser également vitesse et intensité des relations, ce qui est quasi-impossible)



6. Points clés à travailler pour B

- Ne pas priver l'autre, ne pas bloquer complètement la situation (contre-productif)

- Se respecter et s'écouter, exprimer ce qu'on ressent

- La nouvelle relation a soulevé un problème personnel, une insécurité déjà présente. Essayer de chercher sa source, de la comprendre et d’en partager les déclencheurs avec A.

- Prendre soin de A spécialement dans ce moment là

- Dire ce qu’on ne peut pas accepter, quel rythme est trop

- Alternative ou complément au point précédent: dire ce qu’on a besoin pour affronter la nouvelle situation (au lieu de dire, “tu peux voir C une fois par semaine maximum”, dire “j’aimerais qu’on se voie 3 fois par semaine”)

- Être attentif au fait que des limites envahissant le temps libre de l’autre partenaire (A) peuvent être difficiles à comprendre pour A, et qu’il peut être difficile pour C d’être “mis en stand-by”.





7. Par rapport au nouveau partenaire...

- Partenaire C dans l'exemple de départ

- C peut ressentir de la difficulté à être “mis(e) en stand-by” le temps que le couple A-B se stabilise

- On peut avoir tendance à considérer C comme un objet / une personne extérieure à ce qu’il se passe, mais ce n’est pas correct

- Il faut au contraire lui expliquer les choses, les décisions prises, et l’inclure dans la conversation (afin qu’il/elle comprenne certaines tensions ou changements de rythme)

- S’inquiéter de l’effet sur lui / elle, de son opinion ou de ses idées éventuelles de comment gérer cette situation

- Reconnaître que la situation est peut-être difficile pour lui/elle maintenant, mais la/le rendre attentif/ve que l’inverse peut aussi arriver dans le futur (relation A-C qui aurait besoin de temps ou d’attention particulière et l’obtiendrait)







8. Les choses à faire pour A et B

- Importance de gérer cela ensemble, car c'est un sujet qui touche à la notion du couple et doit être géré ensemble

- Se laisser l’espace et le temps de gérer la situation

- Être conscients que l’inverse peut aussi arriver: une autre relation (A-C, B-X) peut avoir besoin de temps dans le futur

- Discuter ouvertement de la situation et que chacun s’implique pour trouver une solution au problème: il n’y a pas de recette magique, chaque couple trouvera sa propre façon de faire

- - Éviter les “ça dépend de mon humeur”, “faites comme vous voulez”

- L’incompréhension est un problème majeur. Quand on ne comprend pas ce que vit un des partenaires, cela peut ajouter beaucoup d'’inquiétude. Cette partie est réglable avec de la communication.

- Responsabiliser la personne qui devrait mettre des limites, et l’écouter: elle doit se sentir considérée dans sa demande de freiner. Elle devrait idéalement arriver à la compréhension de ce que les deux autres vivent.

- Chercher de quoi on a besoin, chacun. Pas au sens pratique, mais peut-être émotionnellement ? De compréhension ?

- Répondre à la question : “comment renforcer notre propre relation ?” plutôt qu’à “comment ralentir ce qui est autour de notre relation ?”. Car remettre en question la nouvelle relation n’apportera rien, elle n’est finalement qu’un élément extérieur au problème.